Une délégation d’ostréiculteurs menée par Éric Marissal, vice-président de la section régionale conchylicole, a profité de la venue de Dominique Bussereau sur Ré pour interpeller le candidat aux élections régionales sur les problèmes rencontrées par la filière.
La rencontre n’était pas prévue mais elle a pourtant bien eu lieu en plein coeur de la zone ostréicole flottaise du Préau. Quatre ostréiculteurs, dont les entreprises sont implantées sur le site, se sont rendus en délégation, avec pour porte-parole Éric Marissal, écloseur et vice-président de la section régionale conchylicole, à l’Oursinerie de Ré dans l’objectif d’interpeller Dominique Bussereau sur les problèmes rencontrés par la filière.
Le candidat UMP n’a pas esquivé cette rencontre et s’est montré attentif aux préoccupations des ostréiculteurs. Éric Marissal a d’abord évoqué la mortalité des naissains d’huîtres qui touche la filière depuis deux ans et remet en question l’avenir de la profession, notamment dans les PME à l’échéance de 2011.
Faisant référence aux décisions prises il y a six mois par Bruxelles et Paris pour financer un plan de réensemencement, Éric Marissal a exprimé ses plus vives inquiétudes quant aux freins rencontrés : « aujourd’hui, nous n’avons pas vu l’argent arriver, car si l’Europe et l’État veulent bien financer leurs parts respectives, les régions qui doivent aussi participer au financement de ce plan, refusent de collaborer. Notre profession fait les frais de ces batailles politiques et si rien n’est fait rapidement, des PME de Charente-Maritime vont mettre la clé sous la porte« .
Le candidat aux régionales a alors endossé son costume de secrétaire d’État aux Transports et surtout d’ancien ministre de l’Agriculture pour assurer à la délégation qu’il ne manquerait pas de passer le soir même un coup de fil à Bruno Le Maire, actuel détenteur du portefeuille agricole au gouvernement. Pour Alain Porsain, éleveur expéditeur, il y a urgence : dès la fin de l’année 2010, les stocks d’huîtres pourraient être trop faibles et cela mettrait des entreprises rétaises en péril. D’où la nécessaire aide de l’État.
Le déclassement, la goutte d’eau de trop…
Les professionnels sont confrontés à un autre problème : la qualité des eaux. Ce qui a conduit la préfecture à déclasser certaines zones de production. C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase pour les ostréiculteurs. Le traitement des eaux pluviales est en cause selon Éric Marissal.
Réunis deux jours avant, les professionnels ont en effet appris de la bouche du préfet que plusieurs zones ostréicoles de Charente-Maritime, dont une sur l’île de Ré � allant de la fosse de Loix jusqu’à La Flotte � allait être déclassée de zone A en zone B (lire l’encadré ci-après). Cet arrêté plongerait une trentaine d’entreprises ostréicoles rétaises (sur 84 au total dans l’île de Ré) dans la plus grande difficulté économique selon Éric Marissal : « les ostréiculteurs qui ne sont pas équipés de bassin d’épuration ne peuvent pas faire face aux investissements pour s’équiper aujourd’hui de ces bassins alors que la filière traverse déjà une crise sans précédent. Aujourd’hui, ces difficultés paraissent insurmontables« .
Le vice-président de la section conchylicole a sollicité cette fois le président du département afin que celui-ci incite les maires concernés, en l’occurrence les maires de Saint-Martin et de La Flotte selon Éric Marissal, à procéder à des études sur le réseau pluvial de leurs communes. Dominique Bussereau, qui avait pris connaissance du problème le matin même, a assuré qu’il avait entendu la demande des professionnels.
Le déclassement sanitaire en question
Une directive européenne impose aux zones de production de coquillages de faire l’objet d’un classement sanitaire. C’est l’Ifremer (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer) qui a procédé à un très grand nombre de prélèvements sur un an. Le récent déclassement est lié à une contamination microbiologique par une bactérie (escherichia coli). Si dans au moins 90 % des contrôles, l’escherichia coli est concentrée à hauteur de 230 unités pour 100 g, la zone passe de classement A en classement B. Pour commercialiser ses huîtres, l’ostréiculteur est alors obligé de les faire passer par un bassin d’épuration pendant 48h. Il n’a pas le droit de mélanger des huîtres provenant de zone A avec des huîtres issues de zones classées B. Cela nécessite également d’avoir au moins deux bassins. Ce qui fait enrager les ostréiculteurs rétais, c’est que les résultats qui ont conduit au déclassement sont proches de la limite. Ainsi, à Loix, il y a 83 % de bons résultats (77 % à La Flotte) sur les 90 % requis pour rester en zone A.
Source: Le Phare de Ré
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