La deuxième réunion publique autour du SCOT (Schéma de cohérence territoriale) a de nouveau fait le plein mardi 2 février. Le plein de visiteurs avec une salle de La Maline comble, mais aussi et surtout le plein de questions à l’égard de ce document d’urbanisme, « profession de foi » pour l’avenir du territoire rétais pour ces vingt prochaines années.
Présenté, validé dans son ensemble, mais loin d’être figé. Le diagnostic du SCOT de l’île de Ré a été soumis à la sagacité de la population rétaise mardi 2 février à La Maline, théâtre de cette deuxième réunion publique sur le sujet. « On ne va pas tout refaire ce soir, a signalé en préambule Lionel, Quillet, président de la communauté de communes de l’île de Ré (CdC). L’objectif est de vous donner la parole pour savoir ce qui n’a pas été mis dans le diagnostic, où l’accent doit être porté, ce qui selon vous ne constitue pas un enjeu. Nous avons encore un an pour donner des réponses. En 2010, ce diagnostic sera évolutif. »
Une île, quatre paradoxes
Pour débattre, encore fallait-il avoir des cartes en mains. La première distribution a été réalisée par le bureau d’études Egis Eau en charge de l’élaboration de la fiche d’identité environnementale de l’île (mesures de protection, marais, zones boisées, qualité de l’air, qualité des milieux, estran, dunes, biodiversité, etc.). Autant de facteurs que le futur SCOT de l’île de Ré et les PLU (plans locaux d’urbanisme), traduction locale au sein de chaque commune, devront prendre en considération afin de minimiser les impacts liés à chaque projet.
La seconde, a été l’oeuvre du cabinet Terres Neuves, cabinet d’études mandaté par la CdC pour élaborer le diagnostic territorial d’une île « à manier avec précaution« , dixit Jacques-Marie Loiseau, responsable. Pour ce dernier, quatre singularités méritent de l’attention : une île archipel synonyme de diversité et de richesse, mais aussi de fragilité et de contraintes avec des points de passage obligés tel le Martray, une île de terriens qui depuis 300 ans voit ses surfaces cultivées chuter inexorablement. Une mutation de l’agriculture « lourde de conséquences » selon l’expert. Une île presqu’île avec 3 millions de passages sur le pont chaque année avec pour conséquence un tourisme nouveau, un développement démographique important et une pression financière qui s’accélère. Une île avec des résidents (principaux et secondaires) minoritaires chaque été.
Rien d’extraordinaire cela dit, beaucoup de stations balnéaires de la façade atlantique se retrouvant surchargées entre le 14 juillet et le 15 août. Dès lors, se pose une série de questions auxquelles le SCOT devra apporter des réponses. Quel système innovant de déplacement ? Quelle politique de protection des espaces agricoles et naturels ? Quel seuil de population sur l’île ? Quelle capacité d’accueil ? Quel niveau d’équipements et de services en saison et hors saison ? Comment accueillir de nouveaux ménages à l’année ? Le débat est ouvert.
Un trésor de 96 hectares
Du côté de la CdC, les pistes d’actions sont nombreuses et certaines déjà connues, comme le projet de 400 logements locatifs sociaux en complément des 619 déjà existants. Faut-il le rappeler, l’île de Ré est urbanisée à 18,7 %, pour être précis, et 80,1 % de son territoire est protégé. Et les 1,2 % restants dans tout cela ? Classés en zones NA (zone d’urbanisation future), ces 96 hectares constituent aux yeux de Jacques-Marie Loiseau « un trésor dont l’enjeu à définir dans le SCOT est énorme« .
Dans le public, le diagnostic semble faire l’unanimité mais des craintes restent palpables. En première ligne, l’avenir de l’agriculture. « Le SCOT va-t-il le garantir ?« , demande-t-on. « Tout est OK dans le diagnostic, affirme Lionel Quillet. Mais pour les solutions, on n’est pas encore dedans. » Avec seulement 18 % de l’île cultivée, contre 30 % en 1970, l’inquiétude est légitime. La Flotte et Sainte-Marie en ont conscience et se lancent dans la reconquête d’espaces. ‘Qu’en est-il de la gestion des friches, toujours plus nombreuses ?� Un plan de gestion est demandé.
Le SMVM (schéma de mise en valeur de la mer) , volet maritime du SCOT, a aussi été abordé. Quels ports pour demain ? Quel sort réservé aux zones conchylicoles menacées d’un déclassement (lire en page 9) ? Jugée bonne, la qualité de ces milieux peut rapidement être altérée par des pollutions. ‘Il nous faudra faire des efforts financiers importants là-dessus�, a mentionné Lionel Quillet.
L’utilisation des énergies solaires, la question du social, l’inquiétude des pêcheurs, le golf, le bruit de couloir annonçant la fermeture imminente du centre pénitentiaire ou encore le fossé nord/sud ont animé les discussions jusqu’aux environs de minuit. Il est certain que le SCOT n’a pas fini de faire parler de lui. « Il nous a fait apparaître quelques carences concernant l’étude des courants et la sédimentation, les friches au sud et le réseau hydraulique au nord, la fréquentation touristique en été« , a précisé le président de la CdC. De nouvelles études seront menées dans les mois à venir. Dans moins d’une semaine, l’étude sur le résiduel constructible sera enfin remise aux élus rétais. Histoire d’y voir encore un peu plus clair avant décembre 2010, date de validation du SCOT rétais.
Plus d’informations sur www.cc-iledere.com. Au siège de la CdC et dans chaque mairie, un espace SCOT est ouvert pour que chacun puisse s’informer et faire part de ses suggestions.
SOURCE: LE PHARE DE Re










