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La guerre du Poitou-Charentes aura bien lieu !

La campagne des régionales a démarré tambour battant en Poitou-Charentes, où Dominique Bussereau et Ségolène Royal ont organisé leurs meetings respectifs samedi 16 janvier en Charente-Maritime, le premier à Fouras en matinée, la seconde à La Rochelle l’après-midi. Les élus locaux du MoDem ont assurré l’intermède entre les deux. Récit d’une pièce en trois actes.

Premier acte : il est 10h30, le parc de stationnement de la salle Roger-Rondeau à Fouras est archi-comble. Tout comme la vaste salle où le tout UMP de Charente-Maritime est venu, militants, sympathisants comme élus. Didier Quentin, maire de Royan, Michel Tallieu, maire de La ­Tremblade, le sénateur Doublet, Claude Belot, etc. Lionel Quillet et Léon Gendre, les deux conseillers généraux de l’île de Ré, ont pris place au premier rang. Sylvie Marcilly, maire de Fouras, joue la maîtresse de cérémonie. Quelque 1 000 personnes attendent les premières salves de leurs tribuns contre celle que Jean-Pierre Raffarin appelle avec ironie « la dame du Poitou-Charentes« . Dans l’allée centrale, Dominique Bussereau, suivi de près par Jean-Pierre Raffarin, fend la foule, entourés des jeunes militants UMP qui agitent des drapeaux.

Premières salves contre Ségolène Royal

Rapidement sur la scène, la minute de silence pour Haïti laisse place aux discours des trois têtes de liste de la Vienne, des Deux-Sèvres et de Charente (respectivement Olivier Chartier, Xavier Argenton et Henri de Richemont) et les attaques contre Ségolène Royal ne tardent pas : « la région n’est pas un strapontin pour servir les ambitions personnelles et nationales de Mme Royal« , lance Olivier Chartier. Le bilan de la présidente sortante au conseil régional est mis en pièce par les différents interlocuteurs qui se succèdent à la tribune. Le maire de Parthenay, Xavier Argenton, tête de liste dans les Deux-Sèvres, accuse Ségolène Royal de refuser de financer des projets lorsque les demandes émanent de communes de droite. Le ­Charentais Henri de Richemont fustige lui la fameuse démocratie participative : « tout le monde parle, une seule personne décide« .
Quand le tribun Jean-Pierre Raffarin prend la parole, la salle est chauffée à bloc. Le sénateur manie d’autant plus la dérision qu’il s’agit de pourfendre Ségolène Royal et son « bilan fanfaron« . Jean-Pierre Raffarin se fait mobilisateur : « chaque fois qu’on nous a donnés perdants, on a gagné« . Et de citer pêle-mêle une grande figure de la gauche, Mendès-France, puis un symbole gaulliste, Malraux, pour finir par emprunter au vocabulaire de Michel Audiard, « elle soupoudre, elle disperse », avant de conclure au terme d’un discours qui aura fait s’esclaffer la salle à plusieurs reprises : « la région, c’est vous ! »
Place à la tête de liste Dominique Bussereau pour de nouveau démolir le bilan de la présidente sortante : « elle met en avant l’excellence environnementale du Poitou-Charentes. Le magazine Capital nous place à la 19e place sur 22 dans le domaine« . Sur l’opération de sauvetage de l’entreprise Heuliez, le secrétaire d’État aux Transports traite la présidente de « menteuse« . Dominique Bussereau décline ensuite les trois grands axes de son programme : emploi, mobilité et formation et détaille un plan sur douze ans autour de la construction de l’autoroute : « les routes, c’est l’emploi et c’est la vie« . Son programme est résolument aux antipodes de celui de la présidente sortante qui ne jure que par la croissance verte.

Deuxième acte : pugilat au MoDem

13h. À une encablure de Fouras, c’est dans les locaux du MoDem à Rochefort que le deuxième épisode de la journée a lieu. Alexis Blanc, frondeur charentais-maritime du parti de François Bayrou, a convoqué les journalistes à un point presse pour déclarer que deux élus du MoDem en Charente-Maritime vont répondre favorablement à « la main tendue » par Ségolène Royal (elle a invité cinq candidats du MoDem en rejoindre sa liste avant le premier tour), en dépit des consignes données au niveau national par François Bayrou.
L’affaire tourne presque au pugilat et, sur les trottoirs du centre-ville de Rochefort, les échanges de noms d’oiseaux fusent entre Alexis Blanc et consorts et Elisabeth Delorme-Blaizot, conseillère régionale et déléguée départementale du mouvement démocrate.

Chez Ségo : haro sur « le soldat de Sarko »

Troisième acte : 15h30, nouveau décor. L’ancienne criée aux poissons qui accueillera bientôt le musée maritime de La Rochelle est remplie de militants socialistes de tous âges. Sur la scène, sont déjà assis un certain nombre de colistiers de la présidente sortante. Ségolène Royal fait une entrée très théâtrale, suivie comme toujours par une horde de photographes et de cameramen devant une assistance toute acquise à sa cause. Dans la salle, les deux nouveaux colistiers centristes de Ségolène Royal assurent une présence discrète.
Dominique Busserreau est décrit comme « le soldat de Sarkozy, un valet, qui a été nommé comme on nomme un préfet de région« , par Olivier Falorni, tête de liste PS en Charente-Maritime. Fustigeant son utilisation confortable des pantoufles Charentaises, un colistier de  Ségolène Royal lance : « ­Bussereau au dodo, Ségo au boulot« .
Plusieurs des colistiers de Ségolène Royal sont invités à s’exprimer à la tribune et notamment le transfuge des Verts, Alain Bucherie, (avec Georges Stupar), ou encore un producteur en maraîchage bio, représentant le parti des radicaux de gauche. Pour montrer que sa politique de rassemblement prévaut avant le premier tour et englobe jusqu’à la gauche traditionnelle et ouvrière, la présidente a également invité sur sa liste Émile Brégeon, délégué CFDT d’Heuliez, et Guy Eyermann, délégué CGT de New Fabris (sous-traitant automobile de Châtellerault qui a fermé le 31 juillet dernier). Les deux ouvriers prendront la parole pour louer la présidente sortante.
Quand cette dernière s’exprime enfin, après plus de deux heures de meeting, elle met en avant sa volonté de rassembler et veut se placer au-dessus des petites phrases. Cette stratégie politique, si elle porte ses fruits en Poitou-Charentes, pourrait peut-être donner des idées aux socialistes pour une échéance post-régionale et nationale cette fois.

Source: Le Phare de Ré

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